Sources, ANTIC « Politique et stratégie nationales de développement des TIC au Cameroun », mars 2007.
Malgré le poids de son économie dans la sous-région d’Afrique centrale, la qualité de ses ressources humaines, la grande variété de ses richesses culturelles, son potentiel infrastructurel, sa position stratégique d’ouverture sur la mer pour plusieurs pays de l’Afrique centrale, sa stabilité politique, le Cameroun est encore un pays où la pénétration et l’utilisation des TIC est très faible.
En effet, d’après les résultats de l’enquête nationale (Scan ICT) menée au cours de l’année 2006 par le Ministère des Postes et Télécommunications avec le soutien des partenaires au développement, 30% seulement du territoire camerounais est couvert par les services de téléphonie, pour une télé densité fixe de 0,7% et mobile de 15% en 2005 ; au moins 7% des institutions et entreprises sont équipées d’un ordinateur, moins de 27% des administrations sont connectées à Internet et enfin moins de 2% (0,16%) de la population camerounaise utilise Internet.
Pourtant le Cameroun dispose d’un énorme potentiel susceptible de faire de lui un pôle majeur de développement des TIC en Afrique centrale. En effet, le système éducatif, l’enseignement supérieur en particulier, malgré ses nombreux problèmes, est relativement développé et pourrait constituer une formidable rampe de lancement des TIC en Afrique Centrale. D’autre part, le pays est doté d’une dorsale en fibre optique déployée tout au long du tracé du pipeline Tchad-Cameroun et non encore suffisamment exploitée. De même, un point d’atterrissement du câble sous-marin SAT 3 est ouvert à Douala avec une capacité de 2,5 Gbits/s. Deux opérateurs privés mobile (Orange et MTN) et un opérateur public de réseau fixe (déjà engagé dans le processus de privatisation) ont également fait des investissements importants de l’ordre de 300 milliards de francs CFA environ durant la période 1999-2004.
Cadre juridique, réglementaire et institutionnel
Les secteurs de l’audiovisuel et des télécommunications en particulier ont été marqués au cours des dernières années par une myriade de textes législatifs, mais ces instruments n’ont pas apporté une solution appropriée et satisfaisante aux problèmes qui se posent.
Le gouvernement est responsable de l’ensemble du processus de mise en œuvre et de contrôle, mais il existe aussi des institutions dédiées :
- L’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC) a pour de promouvoir et de suivre l’action gouvernementale dans le domaine des TIC.
- Le ministère des Postes et Télécommunications est chargé de l’élaboration, de la mise en place et de l’évaluation de la politique gouvernementale en matière de postes et télécommunications. Il est aussi l’organe de tutelle de l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART).
- L’ART est l’institution publique chargée particulièrement de la régulation, du contrôle et du suivi des activités du secteur des télécommunications au Cameroun.
L’infrastructure
Le réseau public de télécommunications est obsolète et ses capacités ne permettent plus de satisfaire aux besoins des citoyens et des entreprises.
La desserte nationale de communications présente encore des zones d’ombre sur le territoire national (15%) malgré l’arrimage au satellite.
De nombreuses disparités existent entre les zones urbaines (Yaoundé et Douala essentiellement) et les zones rurales.
En ce qui concerne Internet, le Cameroun ne dispose pas de point d’échange Internet (Global Internet Exchange) permettant aux prestataires locaux d’échanger du TRAFIC sans passer par des infrastructures transnationales.
L’infrastructure de collecte, traitement et diffusion de l’information de l’information est encore rudimentaire : il n’existe pas à proprement parler de systèmes d’information dans les administrations et les entreprises.
Le pays ne dispose ni d’une véritable stratégie d’acquisition de matériels informatiques, ni d’une industrie de production (de produits physiques et immatériels) lui permettant de développer tous les secteurs liés au TIC.
Les ressources humaines
Les sortants du système éducatif camerounais, dans la majorité, manquent de culture TIC.
Il n’existe pas un système de normalisation des formations et des apprentissages continus permettant de mieux valoriser les compétences
Le faible nombre d’enseignants disponibles localement dans certaines filières des Tic (informatique, électronique, réseaux, télécommunications) ne permet pas au Cameroun de disposer rapidement d’une masse critique minimale de spécialistes permettant de soutenir le développement à grande échelle des TIC.
L’absence de perspective de carrière attrayante dans les administrations et entreprises locales constitue l’un des facteurs aggravant de la fuite massive des spécialistes des TIC à l’étranger.
Les contenus
L’inexistence d’une politique/stratégie nationale de production des contenus limite largement les possibilités de développement d’une véritable industrie qui pourrait, dans une perspective générale, booster ce secteur et combler les besoins qui se font de plus en plus grandissants à l’aube de la décentralisation et de la gestion parcimonieuse du patrimoine national.
La majorité des bases de données constituées et en service dans la plupart des services publics et privés est dans une phase de développement embryonnaire et leur capacité d’accueil limitée. Ce qui contraste largement avec les exigences de gestion moderne des structures, des infrastructures et des services.
Les sites et portails Web sur Internet mis sur pied ça et là ne jouent qu’un rôle de présence figurative car, l’offre éditoriale est pauvre, les sites sont rarement mis à jour, enrichis et les informations obsolètes quoique certaines administrations se démarquent de cette triste réalité.
L’utilisation des TIC
L’enquête sur le niveau de présentation et d’utilisation des TIC au Cameroun (Minpostel, 2006) donne de nombreuses statistiques sur les usages individuels et collectifs des Technologies de l’Information et de la Communication au Cameroun. La conclusion fondamentale de cette étude est que l’usage de ces technologies n’est pas encore suffisamment développé au Cameroun.
La coopération et les partenariats
Le Cameroun déploie une vaste action de coopération dans le domaine des TIC. Toutefois, le foisonnement des initiatives et projets de coopération faisant appel aux technologies de l’information et de la communication dans tous les secteurs n’est pas coordonné et peut de ce fait conduire à des duplications de projets ne permettant pas d’optimiser leur impact sur le développement du pays.
Le financement
Le financement du développement des Technologies de l’Information et de la Communication est assuré par l’Etat, les entreprises et les citoyens. Les entreprises et les citoyens contribuent au financement des télécommunications (téléphone, Internet) en s’acquittant des coûts des services auprès des opérateurs du secteur. L’Etat quant à lui a mis en place des mécanismes de financement spécifiques (exonération de la TVA de certains équipements informatiques, redevance audiovisuelle, fonds de développement des télécommunications).
Ces instruments de mobilisation des financements ne permettent pas encore de booster le développement des TIC, compte tenu des coûts d’investissement et d’exploitation très élevés : développement et gestion des infrastructures, développement des usages des citoyens, des familles et des entreprises, mise à niveau du système éducatifs, production des contenus ; industrialisation, etc.
Les forces et les faiblesses du Cameroun dans le domaine des TIC
Les points forts
Malgré les nombreuses difficultés auxquelles il faut faire face, le développement des TIC au Cameroun peut s’appuyer sur un certain nombre de points forts :
- La volonté politique exprimée au plus haut niveau de l’Etat ;
- L’infrastructure, quoique obsolète, existe et recouvre une grande partie du territoire national ;
- Les ressources humaines du pays relativement bien formées ;
- Le bilinguisme français/anglais du pays ;
- La position stratégique et le poids économique du pays dans la sous-région ;
- La diversité culturelle ;
- La stabilité politique ;
- L’attractivité de la charte des investissements ;
- L’existence des instruments de mobilisation des financements (redevance audiovisuelle, fonds de développement des télécommunications) ;
- L’émergence d’un secteur privé dynamique ;
- L’existence d’une politique d’intégration des TIC dans l’enseignement ;
- L’existence d’une stratégie de développement des télécommunications ;
- La participation active et l’intérêt des bailleurs de fonds pour contribuer à la réduction de la fracture numérique et des disparités régionales.
Les points faibles
De façon générale, le développement des TIC au Cameroun présente les points faibles suivants :
- L’infrastructure est obsolète ;
- Le cadre juridique, réglementaire et institutionnel est inadapté ;
- Les ressources humaines dans les métiers des TIC sont qualitativement et quantitativement insuffisantes ;
- La coordination entre les différents acteurs est faible ;
- L’allocation et l’utilisation des ressources liées aux TIC ne sont pas optimales ;
- L’absence d’une politique spécifique de mise en place des infrastructures et des instruments spécifiques du développement de l’Internet.
Les contraintes
Parmi les contraintes environnementales qui freinent le développement des TIC au Cameroun, on peut citer :
- L’insuffisance quantitative et qualitative de l’offre énergétique ;
- La pauvreté de la population ;
- La faiblesse du tissu industriel national.
La vision politique
L’arrimage du Cameroun à la société mondiale de l’information et des savoirs en émergence constitue une priorité nationale et un enjeu majeur pour son devenir. Aussi, le Gouvernement entend utiliser les Technologies de l’information et de la Communication comme l’un des leviers de la lutte contre la pauvreté et de la promotion du développement dans l’optique de transformer le pays en une société du savoir, du savoir-faire et du savoir-être dans laquelle les citoyens, les ménages, les entreprises et les administrations utilisent pleinement Internet et les autres TIC de manière à assurer l’ouverture, la compétitivité et l’attractivité du Cameroun et de la sous-région d’Afrique Centrale dans le monde.
La Problematique
Toute nation moderne doit tenir de manière régulière un ou plusieurs salons sur les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), pour ne pas être à la traîne des avancées technologiques. Les Tic sont un domaine en perpétuelle mutation. Pour exemple, nous signalons que certaines solutions, alors d’actualité et présentées lors du dernier Salon Forum.Net tenu au Hilton Yaoundé du 22 au 24 juillet 2008, sont aujourd’hui dépassées.
Le lancement de Forum.Net au pays (2003), est venu combler un vide et a permis ainsi au Cameroun de tenir régulièrement son Salon.
Cette exhibition sur la promotion et la vulgarisation des TIC constitue :
- Une plate-forme nationale d’échanges entre tous les intervenants du secteur à savoir, les politiques, les professionnels, les consommateurs. Cet événement permet à ceux-ci de débattre des questions de promotion et de vulgarisation des Tic dans le pays, et de favoriser l’implémentation des solutions technologiques idoines et propres à notre contexte ;
- Un cadre pour la formation et le renforcement des capacités opérationnelles des participants à travers les exposés de haut niveau présentés par des experts et des consultants internationaux invités à venir partager leur expérience.
- Un marché pour présenter le potentiel des entreprises camerounaises du secteur ;
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Un environnement qui promeut l’inventivité et l’auto-emploi des jeunes gens issus des écoles technologiques et porteurs de projets ou idées de projet sur les TIC, au moment où les pouvoirs publics font face au chômage persistant des jeunes diplômés.